Gwen Corbin : "Une bonne équipe, ça a une âme"

Interview Gwen Corbin
29/07/2022

Deux semaines après la reprise, Gwen Corbin a répondu à nos questions avant le lancement de cette saison 2022/2023


Gwen Corbin

Q1 : Gwen, nous t’avons laissé à l’issue (heureuse) de la fin de saison stressante 2021/2022, et la première question qui vient à l’esprit c’est « Comment vas-tu ? »

Ça va très bien ! Je suis heureux que le club se soit maintenu la saison dernière, et heureux pour les dirigeants et les supporters.

Je veux ajouter que, si le club s'est maintenu, c'est parce que les joueurs qui étaient présents la saison dernière n'ont rien lâché pour obtenir ce maintien. On a quand même terminé sur 3 victoires. Il est important de le dire.

 

Q2 : Il a fallu remettre le pied à l’étrier avec beaucoup de mouvements de joueurs à l’intersaison. Sur quels critères as-tu basé ton premier mercato à l’US Saint Malo ?

Nous avons fait un bilan de ce qu’il s’est passé la saison dernière avec Abdel El Kouraichi et Fabrice Rolland, et on a fait le constat que c’était un groupe qui manquait de maturité, trop jeune. Dans un groupe il faut de l’expérience, des joueurs qui ont un vécu au niveau N2, et quand je dis un vécu, ce n’est pas une saison, mais 5 ou 6 saisons, dans des rôles importants, à des postes importants.

La fiabilité aussi a été prise en compte. C’est-à-dire que ces joueurs d’expérience, sur 30 matchs par saison, ils en ont fait 25 au minimum.

L’état d’esprit est très important aussi. Nous avons cherché des joueurs capables d’apporter quelque chose de ce point de vue sur le long terme : des valeurs, du courage sur le terrain, de l’entraide, de la course, être positif dans les moments où il faut être positif.

On voulait aussi redonner une identité locale au club, avec des joueurs qui ont déjà joué à l’US Saint Malo ou en Bretagne. Parmi tous nos joueurs aujourd’hui, il n’y en a qu’un qui n’a pas été formé en Bretagne ou qui n’a pas joué en Bretagne, et il vient de Mayenne !

Et pour l’avoir vécu, quand je suis parti du Stade Rennais à Angoulême en National, j’avais 20 ans. Tu arrives là-bas, avec des joueurs en fin de carrière, tu ne connais personne, ce n’est pas non plus forcément ce qu’on t’a enseigné en termes de football. C’est dur ! Donc quand les joueurs connaissent la région, c’est quand même plus simple.

Pour aller chercher des joueurs plus loin, il faut vraiment qu’ils apportent une véritable plus-value.

 

Q3 : Nos supporters ont pu constater que quelques joueurs faisaient leur retour au club. C’était une volonté de ta part et de celle d’Abdel ?

On a voulu recontacter des joueurs qui n’avaient peut-être pas terminé leur histoire avec l’US Saint Malo, et que nos supporters seraient contents de revoir, tout en apportant évidemment une plus-value. Si on ne prend que l’exemple de Thibaut Cillard, il était prêt à revenir même si on ne s’était pas maintenus. Ça dit quelque chose quand même.

 

Q4 : Peut-on considérer que le mercato est terminé pour l’équipe N2, ou te laisses-tu encore un temps de réflexion ?

Nous sommes à 17 joueurs de champ, avec deux gardiens. Nous sommes censés être 18 plus 2, donc il faut s’attendre à une recrue supplémentaire.

L’idée avec cet effectif assez réduit, c’est de concerner tout le groupe, parce que quand on a 24 joueurs, il y a plus d’une équipe qui ne joue pas chaque week-end ! En terme de gestion ce n’est pas évident.

On a aussi construit l’effectif pour avoir de la complémentarité, et surtout de la polyvalence. Beaucoup de joueurs peuvent jouer à plusieurs postes.

 

Q5 : Comment s’est passée la reprise ? Un certain nombre de joueurs connaissaient déjà le club, mais ce n’était pas le cas de tout le monde.

Ça se passe bien. On travaille bien, dans la bonne humeur. Il faut remettre tout le monde d’aplomb au niveau athlétique. Si on leur demande des choses sur le terrain, il faut qu’ils soient en capacité physique de le faire, ça commence par ça.

Ensuite, il faut parvenir à créer des automatismes.

 

Q6 : Samedi dernier, la N2 jouait son premier match de préparation face aux Voltigeurs de Châteaubriant, qui s’est soldé par un revers 0-1, mais on imagine que ce n’est pas le score que tu as retenu. Quels enseignements peux-tu tirer de ce premier galop d’essai ?

Oui, déjà, il y avait deux équipes de notre côté, une par mi-temps. La première était un peu plus équilibrée que la seconde, mais c’est normal, en deuxième période il y avait quatre joueurs du groupe R1 qui découvraient ce niveau.

Mais globalement j’ai aimé la réponse que nous avons proposé à l’impact que nous a imposé Châteaubriant. Il y a eu beaucoup d’impact dans les duels de leur part, nous n’étions pas forcément préparés à ça et je trouve qu’on s’est vite mis au niveau, ce qui nous a permis d’avoir le ballon. J’ai trouvé ça excellent. Ça a rééquilibré les débats, et on aurait même dû marquer. Et ça c’est une énorme satisfaction. Si nous avons été capables de le faire là pour ce premier match de préparation, il n’y a pas de raison que nous ne soyons pas capables de le faire quand il le faudra par la suite.

 

Q7 : Mardi était organisée une journée de cohésion du groupe, avec notamment une visite guidée d’intra-muros, et une initiation au catamaran. Quel est l’objectif de ce type d’actions ?

L’idée c’est de faire autre chose que du foot, c’est important. Ce n’est pas forcément sur un terrain de foot que l’on créé des affinités dans un groupe. Ça permet d’apprendre à se connaître, de prendre le temps de discuter, à la fois les joueurs entre eux, mais pour le staff aussi avec les joueurs. Cela dépasse le foot et créé de la cohésion.

On a fait du catamaran, par équipes de trois, tirées au sort. Donc les gars se retrouvent littéralement sur le même bateau !

Parfois une soirée avec un barbecue, où les joueurs se lâchent un peu, ça peut valoir dix entraînements ! Je ne suis pas du tout contre ça, au contraire. Pas trop souvent bien sûr, mais c’est d’une telle richesse humaine !

On essaye de créer des affinités, et de montrer qu’il n’y a pas que le football et qu’on sait vivre !

 

Q8 : Vendredi, le groupe N2 joue son deuxième match de préparation face à Rouen à Deauville. Qu’attends-tu de plus de tes joueurs par rapport au match de Châteaubriant ?

On va réduire le groupe à 15 joueurs et deux gardiens car nous avons deux joueurs indisponibles, donc l’évolution va déjà être au niveau du temps de jeu puisque chaque joueur va quasiment jouer une heure, là où la plupart n’avait joué que 45 minutes contre Châteaubriant.

Et puis nous avons une semaine de plus ensemble, donc en terme de connexions, on espère voir encore un peu plus de choses.

Et puis j’aimerais qu’on s’améliore dans la communication. Une bonne équipe, ça a une âme, et ce qu’on a montré comme réponse au rapport de force que nous a proposé Châteaubriant par exemple va dans ce sens.

Une bonne équipe ce n’est pas forcément les onze meilleurs, c’est le meilleur onze. C’est différent. Parfois par exemple, ce que dégage une équipe à l’échauffement est parlant. Rien qu’en les voyant, tu te dis « Ça va pas être facile aujourd’hui », juste par ce qu’ils dégagent. Je trouve ça important, je souhaite qu’on dégage quelque chose, une force collective. J’ai commencé à sentir ça à Châteaubriant et j’ai bien aimé.

 

Q9 : Le 20 août, l’US Saint Malo reçoit Chartres pour l’ouverture de la saison. Peut-on parler des objectifs que le club s’est fixé pour la N2 cette année ?

Il y aura 5 ou 6 relégations. Il faut juste avoir conscience de ça. Il faut déjà qu’on parvienne à gagner un match très vite, parce que ça lance une dynamique, une bonne ambiance. Parfois tu gagnes le premier match, qui n’est jamais facile à gagner, sur un détail, et ça peut changer toute ta saison.

Et une fois qu’on en aura gagné un, il faudra en gagner 11 ou 12 autres pour se maintenir. Sur 30, c’est beaucoup.

Mais il faut prendre les choses dans l’ordre. Après si on gagne les 11 ou 12 premiers… [rires]

 

Q10 : Enfin, pour terminer, as-tu un message pour les supporters des Diables Noirs ?

Déjà les remercier de nous avoir accompagnés toute la saison dernière malgré la difficulté, ils ont été derrière nous et nous ont soutenus jusqu’à la fin.

J’espère qu’ils se retrouveront dans ce qu’on a essayé de construire, et j’espère qu’on leur procurera du plaisir. Il faut qu’on mette du cœur à l’ouvrage, qu’on l